François Hollande avait convié quelques journalistes hier matin à la Rochelle à un point presse "informel". Au lieu de la poignée de journalistes lèves-tôt à laquelle il a feint s'attendre, François Hollande s'est exprimé devant une centaine de journalistes. Qu'il l'ait cherché ou non, l'ancien premier secrétaire du parti est devenu le chouchou des média. Tous titrent aujourd'hui sur sa probable victoire. Et cerise sur le gâteau, les sondages sur les intentions de votes aux primaires le donne caracolant en tête pour ravir la place de candidat officiel du parti. Un cocktail réussi pour être le socialiste le plus détesté de son propre parti.
Car c'est là tout le problème des socialistes. Ils détestent les leaders. Les leaders sont suspects. Depuis Mitterrand, dès qu'une tête a dépassé, elle est devenue la cible commune du troupeau d'éléphants socialistes. C'est cette même aversion pour le leadership qui fait que les socialistes n'ont jamais laissé depuis les années 90 leur premier secrétaire devenir naturellement le candidat légitime du parti à l'élection présidentielle. Hollande, nouveau favori des socialistes, est donc devenu l'homme à abattre dans son propre camp, comme Ségolène Royal l'a été avant lui avec toutes les humiliations que le PS lui a fait subir en 2006-2007, alors qu'elle était encore la "madone des sondages".
Si François Hollande parvenait donc à gagner les primaires et être le candidat des socialistes, commencerait alors pour lui le plus dur : rallier son camp. Car tous le détestent et n'ont aucune envie de le voir les porter à la victoire.
Martine Aubry d'abord. Elle nourrit depuis plusieurs années un profond mépris pour François Hollande. La maire de Lille ne s'est d'ailleurs pas gênée pour dénoncer dans son allocution à la Rochelle un Parti Socialiste qui faisait "pitié" en 2008, au moment où elle l'a repris en main. Attaque cinglante contre son prédécesseur rue de Solférino, qui selon elle a toujours été l'homme du "consensus mou", laissant les divisions internes prospérer pendant sa mandature. Elle méprise aussi celui qui n'a jamais été ministre et qu'elle surnomme avec dédain "Monsieur petites-blagues". Pire, François Hollande est en passe de gagner la primaire avec les voix des votants qui ne sont pas adhérents au PS, ce qui pour la première secrétaire Aubry fait office d'imposture. Pour couronner le tout, Aubry tient pour responsable Hollande, alors premier secrétaire, de n'avoir pas pu être candidate aux législatives à Lille en 2007, la poussant à se rabattre sur la mairie en 2008.
Aubry tient peu ou prou les exécutifs locaux qui lui ont permis de devenir (en trichant, certes) première secrétaire. Elle tient aussi par l'intermédiaire de Benoit Hamon le Mouvement des Jeunes Socialistes. Deux piliers qui pourraient manquer à Hollande s'ils ne faisaient que mollement campagne pour lui.
Celle qui arriverait troisième de la primaire pour l'instant n'a guère plus envie de voir son ex-compagnon réussir là où elle a échoué. Ségolène Royal n'a jamais pardonné au père de ses enfants l'humiliation de l'avoir trompée ouvertement, alors qu'elle menait campagne en 2007. Ses supporters qui sont certainement les plus fervents et les plus fidèles, se garderaient bien de faire campagne pour un candidat qu'ils n'ont pas choisi.
Parmi les ténors socialistes candidats à la primaire, reste aussi Montebourg. Les deux hommes ne s'apprécient aucunement. L'élu de Saône-et-Loire n'a eu de cesse de parasiter la fin de mandat de François Hollande alors que celui-ci était premier secrétaire. C'est parait-il à lui qu'Hollande doit le surnom de "Flamby" et Montebourg reste l'auteur du mémorable "Ségolène n'a qu'un seul défaut, son compagnon" sur le plateau du Grand Journal en 2007.

Article intéressant.
Faut-il penser que les perdants feront perdre ou éviteront de faire gagner le vainqueur de la primaire ? Curieuse stratégie alors que la gauche cherche à revenir au pouvoir. A moins que ce ne soit qu’un simple parti d’opposition.
Ou que leurs égos sont tellement grands qu’ils empêchent toute stratégie collective
Curieuse idée de la droite que de vouloir voir le « premier secrétaire devenir naturellement le candidat légitime du parti ». Là où l’UMP fait preuve d’un manque de confiance envers ses militants, le PS veut faire acte d’une véritable forme de démocratie. Les américains, eux aussi, font la même chose. A la différence que ces derniers sont véritablement capable de se rallier quand ils choisissent un candidat, chose dont le PS semble incapable.
Mis à part ce point, je trouve ton analyse malheureusement trop juste. Les socialos risquent de s’entre-tuer une nouvelle fois. Si j’étais Sarkozy, j’éclaterais de rire. Il a un bilan pitoyable, le projet de l’UMP pour 2012 est vide de toutes propositions intéressantes, il est creux. Mais peut importe. La gauche s’entre dévore, il n’a même pas à faire campagne.
Je sens qu’il va falloir se taper Sarko cinq ans de plus. Il va falloir le regarder traîner la France dans la boue pendant un nouveau quinquennat, bafouer la République une fois de plus. Mais il faudra arrêter de cracher sur lui, parce que s’il arrive au pouvoir en 2012, ce sera de la faute de la gauche, et uniquement de sa faute.
J’ai un peu de mal à comprendre comment l’on peut accuser Nicolas Sarkozy de, je cite, trainer la France dans la boue. On fait le constat d’un quinquennat à partir des ragots colportés par les médias au lieu de féliciter les nombreuses décisions et réformes certes impopulaires, mais ô combien courageuses et nécessaires. Évidemment, tout le monde préfère certainement se conforter dans une nonchalance Miterrandienne ou une posture passive Chiraquienne. Car 26 années d’inaction, sévèrement marquées par l’art et la manière de dilapider les deniers du Trésor en multipliant de façon exponentielle le nombre de fonctionnaires sans se poser la question de savoir s’ils auront ou non une quelconque utilité publique, ça laisse des traces. Et ces traces, ça n’est sûrement pas en 5 ans que l’on peut espérer les effacer, ni même dix et cela vaut pour n’importe quel prétendant au pouvoir. Non, la seule véritable voie consiste à donner ce pouvoir à quelqu’un qui a de la poigne, quitte à y laisser son image et sa popularité. N’est-ce pas là le plus beau sacrifice qu’un homme dévoué à la France puisse faire ? Certes, Nicolas Sarkozy n’est pas un homme désintéressé mais il a eu la force de respecter ses convictions sans jamais faillir. Des erreurs il en a fait, au même titre que n’importe quel autre chef d’état mais il a su les reconnaitre et en tirer les leçons. C’est vrai, il aurait pu rester dans son fauteuil confortablement assis, mais au lieu de ça il a préféré réformer les retraites, les universités, la fiscalité, réduire le nombre de fonctionnaires pour arrêter l’hémorragie de cette dette qui n’en finit plus d’augmenter, faire le choix de défiscaliser les heures supplémentaires plutôt que de se conforter dans les 35 heures qui ont détruits notre économie, et j’en passe… Des chantiers, petits ou grands, il en encore sous le coude, et tout ça dans un contexte d’économie mondiale malade et contagieuse. Je vous le demande, qui aurait pu prétendre faire aussi bien à défaut de faire mieux ? Madame Royal ? Monsieur Bayrou ? Non, Monsieur Besancenot oui, bien sûr… Je vous en conjure, ouvrez les yeux. Le dirigeant idéal et parfait n’a jamais existé et n’existera jamais, non. Seuls l’honnêteté et le respect des valeurs en lesquelles on croit peut permettre de faire avancer les choses et non pas une espèce de mascarade d’imposteurs individualistes incapables d’y comprendre la moindre problématique aussi sérieuse et cruciale soit-elle. Nicolas Sarkozy est-il un sauveur ? Non, c’est juste le seul homme qui peut nous éviter, s’il n’est pas déjà trop tard, de finir comme la Grèce. Alors ? Quand le bord du trou n’est pas loin, à qui faut-il faire confiance ? L’avenir de nos enfants ne se joue pas avec un jeu de cartes et une paire de dés. Pensez-y…