La #frenchrevolution, la révolution de ceux qui ne comprennent jamais rien

25 mai 2011 § 14 lecteurs nous ont donné leurs avis

Depuis une dizaine de jours, le mouvement contestataire de la jeunesse espagnole attire tous les regards d'Europe, à tel point que certains en France, ont décidé de lancer via Twitter une mobilisation équivalente sous le nom de #frenchrevolution. Sauf que les motivations des "indignados" espagnols empruntes de mouvement et de modernité sont aux antipodes du conservatisme et de l'immobilisme revendiqués des contestataires français.

Encouragé par les révoltes arabes, jouant du mimétisme entre la Place Tahrir du Caire et de la Puerta del Sol de Madrid, le mouvement des "Indignados", ces jeunes espagnols qui campent depuis plus d'une semaine en plein cœur de Madrid, est sur le point de faire des émules. Hier soir, une soixantaine de jeunes français se sont rassemblés place de la Bastille pour importer le mouvement dans l'héxagone, et ils ont déjà repris rendez-vous pour dimanche, en espérant que leur rangs se seront grossis entre temps. Si l'idée de la #frenchrevolution est née sur Twitter, elle est portée en France par les agitateurs habituels de la jeunesse et de l'extrême-gauche, de Génération Précaire à Bellaciao, en passant par le fan club de Stéphane Hessel.

C'est là où les deux mouvements divergent totalement. Sans nier que la mobilisation espagnole soit résolument ancrée à gauche, elle rejette toute récupération politique tant elle méprise la classe dirigeante dans son ensemble. Elle est spontanée et vient de participer au massif revers électoral du Parti Socialiste espagnol aux municipales dimanche dernier. A l'opposé en France, les leaders de la mobilisation sont tous encartés, comme Julien Bayou, à la tête de Génération Précaire et Conseiller régional d'Île-de-France d'Europe Ecologie, et ses acolytes de Jeudi noir, assistants parlementaires PS ou employés au cabinet de Jean-Paul Huchon comme le révélait en mars Atlantico.fr. Ces officines militantes ne sont en fait que des catalyseurs pour drainer les voix de la jeunesse le moment venu vers le Parti Socialiste, tout comme la FIDL (Dray), l'UNEF (Hamon) ou SOS Racisme (Harlem Désir ou Dray encore) le sont depuis les années 1980.

Les jeunes espagnols crient, eux, leur haine d'avoir vu les politiques dépenser sans compter l'argent public, leur laissant la dette de l'Espagne et aucune marge de manœuvre pour les préserver de la crise (près de 40% de chômeurs chez les jeunes en Espagne !). Ils abhorrent le pouvoir des banques sur l'économie du pays, qui après avoir dopé la croissance espagnole par l'immobilier, la pille en contractant à l'extrême le marché du crédit.

A l'inverse en France, ceux qui vont essayer de lancer la #frenchrevolution sont l'exact inverse. Ils ont manifesté avec hargne contre la réforme des retraites pendant des semaines, obéissant avec bienveillance aux syndicats et à la gauche qui préféraient voir la dette s'accroître indéfiniment plutôt que de consentir à travailler un peu plus pour le bien commun futur, et particulièrement celui de la jeunesse. Ils ont crié "Sarkozy ami des banquiers" quand celui-ci les renflouait justement pour qu'elles continuent à prêter et maintiennent un minimum d'activité économique. Ils ont aussi essayé de tout bloquer avec le slogan "non à la privatisation de l'enseignement" quand Valérie Pécresse a seulement réformé l'université française pour qu'elle soit plus professionnalisante et qu'elle facilite l'entrée dans le monde du travail par le rapprochement des entreprises.

Bref, si le mouvement français prend de l'ampleur, ces imposteurs auront réussi la récupération d'un événement espagnol radicalement opposé au leur, et les cocus de l'histoire seront encore une fois les jeunes français.


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§ 14 lecteurs ont déjà réagi "

  • Claire dit :

    Dans ce cas, pourquoi ne participez-vous pas aux discussions pour les influencer dans votre sens et voir si c’est partagé ?

    Comme vous le dites, ce mouvement est spontané à la base, réclame une vraie démocratie et semble vouloir donner la parole à tous…

    Il y a les AG et le site Internet.

  • thompouss dit :

    Que de hargne envers des gens qui au moins ont pris la rue. Et qui ne se revendiquent d’aucun parti ni d’aucun maître. Viens donc dans la rue faire ta belle révolution, et laisse ceux qui sont actifs à longueur de temps, ceux qui déconstruisent et co-élaborent les raisonnements, mener la leur à leur façon.

    C’est en critiquant sans proposer, sans écouter les arguments de ces « imposteurs » comme tu dis, que tu te coupes seul l’herbe sous les pieds. C’est avec les militants et pas contre eux que des luttes avancent. Et peu nous chaut que des syndicats se prennent pour le centre d’un monde qu’ils ne comprennent pas. Lutter contre eux? quel intérêt? c’est pour nous et des idéaux qu’on lutte.

    à bon entendeur, salut

  • Je plussoie aux remarques précédentes. Vous n’avez qu’à vous joindre à nous. Je participe depuis lundi pour la même raison. Je suis fermement opposé à une récupération par des mouvements d’extrême-gauche et j’essaie de balancer le discours pour qu’il ne soit pas défiguré par des idéologies ou des délires personnels.
    On arrête de grincher, et on y va. Il n’y aura pas deux années 2011.

  • Martin dit :

    « j’essaie de balancer le discours pour qu’il ne soit pas défiguré par des idéologies ou des délires personnels. »

    ok alors j’aimerais connaitre quels sont les principaux messages que tu portes ?

  • maze dit :

    Je ne sais pas si la #frenchrevolution est de gauche en tout cas toi on sait ce que t’est!

  • cap2mer dit :

    Belle tranche de rigolade cet article. C’est donc vous le second fer de lance de la droitosphère aprés atlantico ??

    Donc vous pensez que les espagnols qui campent puerta del sol réclament plus de libéralisme ??? Vous ne semblez pas avoir lu les textes qu’ils ont produits. Votre article est limite de la désinformation.

    • Non, le souci, c’est que tous ces mouvements sont totalement contradictoires. Ils réclament des choses dont ils ne se donnent pas les moyens, et lutteraient presque pour le maintien des structures qui ont causé les problèmes qu’ils dénoncent. Je vous invite à (re)lire Hashtable sur le sujet, avant de parler de désinformation et de vous lancer dans le mépris traditionnel du troll.

      « Réclamer un retour de la démocratie à quelques jours d’un scrutin démocratique, c’est benêt. Vouloir combattre le chômage en se retrouvant, les bras croisés, sur une place, c’est ambigu. Solliciter bruyamment une nouvelle société, de nouvelles règles, c’est bien joli, mais c’est du pur constructivisme.

      Il n’y a pas de modèle de société à construire. Il faut arrêter avec ce pipeau meurtrier.

      Une société, ça se construit tout seul, ça ne se décide pas d’en haut, ni d’en bas. Les dernières tentatives de constructions ex-abrupto ont provoqué des millions de morts lors du siècle dernier ; en remettre une couche maintenant est une tentation évidente pour ceux que la réalité rattrape, mais on sait déjà ce que ça va donner.

      [...]

      Dès lors, ces gens se retrouvent à réclamer, de façon de plus en plus véhémente, la disparition de ce foutu libéralisme, qui provoque la crise, les licenciements et la chaude-pisse. Et la seule solution qu’ils proposent vaguement, c’est encore plus d’Etat.

      Finalement, ça tombe bien puisque c’est justement ce qu’ils vont avoir. Mais dans quelques mois, ils retomberont de frustrations en frustrations, ne comprenant toujours pas pourquoi ça ne veut pas fonctionner, et ils se retrouveront à nouveau, le poing levé, à réclamer un vrai changement, et pas pour de rire, hein, cette fois ! »

      http://h16free.com/2011/05/22/8465-la-revolution-franchouille-est-en-marche

  • Tintin dit :

    C’est abusé cette affaire franchement. Il se passe un truc en Espagne, ils se sentent obliger de faire la même pour montrer qu’eux aussi sont des rebelles. Ils font pitié

  • Anonymous dit :

    Je défends l’égaré, le faible, et cette foule
    Qui, n’ayant jamais eu de point d’appui, s’écroule
    Et tombe folle au fond des noirs événements ;
    Etant les ignorants, ils sont les incléments ;
    Hélas ! combien de temps faudra-t-il vous redire
    À vous tous, que c’était à vous de les conduire,
    Qu’il fallait leur donner leur part de la cité,
    Que votre aveuglement produit leur cécité ;
    D’une tutelle avare on recueille les suites,
    Et le mal qu’ils vous font, c’est vous qui le leur fîtes.
    Vous ne les avez pas guidés, pris par la main,
    Et renseignés sur l’ombre et sur le vrai chemin ;
    Vous les avez laissés en proie au labyrinthe.
    Ils sont votre épouvante et vous êtes leur crainte ;
    C’est qu’ils n’ont pas senti votre fraternité.
    Ils errent ; l’instinct bon se nourrit de clarté ;
    Ils n’ont rien dont leur âme obscure se repaisse ;
    Ils cherchent des lueurs dans la nuit, plus épaisse
    Et plus morne là-haut que les branches des bois ;
    Pas un phare. A tâtons, en détresse, aux abois,
    Comment peut-il penser celui qui ne peut vivre ?
    En tournant dans un cercle horrible, on devient ivre ;
    La misère, âpre roue, étourdit Ixion.
    Et c’est pourquoi j’ai pris la résolution
    De demander pour tous le pain et la lumière.

    Victor Hugo, A ceux qu’on foule aux pieds.

    Franchement qui peut croire à la récupération, les indignés sont libres, égaux et frères. Crois tu qu’il faille qu’il n’y est pas de contradiction? Il y a contradiction, c’est la garantie même de l’indépendance des indignés. Si des personnes pensant de façons contradictoires se rassemblent pour lutter contre un même système, cela signifie que ce système n’est pas adapté à tel point que tous préfèrent le changer ensemble que de ne pas évoluer, quitte à échanger avec des personnes ne pensant pas comme eux. C’est dire qu’il faut du changement!

    Qui peut encore croire que l’ultralibéralisme est un modèle indépassable, ce n’est qu’une idéologie qui ne vaut pas mieux que les autres, un grand cadavre à la renverse. On dit qu’il ne tue pas, mais aller donc voir le taux de prisonnier aux USA, les prisons aux USA, c’est la goulag moins le froid, faim, et la mort mais du goulag on en ressort! Quelqu’un connait Abu Graib, c’est sur le modèle des prisons américaines, la différence c’est qu’on en parle.

    Pour l’ultralibélisme, l’ennemi c’est le pauvre, pas la pauvreté, les pauvres sont une classe dangereuse, qu’on laisse crever à la Nouvelle Orléans lors du cyclone Katrina. On ne choisit pas de naitre pauvre!

    Le libéralisme, normalement refuse l’héritage, parce que cela fausse le jeu, or en France, 2/3 des milliardaires sont des héritiers, ils se sont donnés la peine de naitre, mais on préfère cracher sur les allocataires du RSA, soit disant profiteurs du système. A mon avis on a pas la meme définition de profiteurs…

    Le libéralisme, normalement est aussi culturel, donc l’éducation, la culture et l’instruction doit etre de bon niveau pour tous, gratuite et meme encouragé, l’enfant doit bénéficier de tout ce qui est nécessaire à son bon développement pour le bien de la société. Hors que voit-on? Une élite trustant toute les places, des étudiants qui sont obligés de travailler de plus en plus pour financer leurs études, et en France le piston devenu un sport national. Et que dire de la location des boites à lettre pour mettre son enfant dans le secteur des grands lycées parisiens?

    Je veux bien du libéralisme, pas de problème, mais on vit dans l’ultralibéralisme, on vit dans une utopie, et cette utopie est en train de se casser la figure parce que la société est bloquée, le meme problème que lors de la chute du mur coté communiste. Alors tout dépend cher (é)lecteurs de la société dans laquelle vous souhaitez vivre, je pense qu’on peut au moins en débattre.

  • Anonymous dit :

    ça c’est embétant quand sur un site où l’on écrit de la main droite, un type qui pense droit vient expliquer ce qu’est une bonne droite libérale. Mais quand on est mal pensant, on ne transige pas avec les valeurs. Préférant etre fou parmi les sages ou sage parmi les fous, on peut critiquer l’ultralibéralisme à la lumière du libéralisme, et on remue le couteau dans la plaie et ça fait mal. Aller, on va relire Tocqueville avant de faire les maiins, et on réfléchit sur les trois droites de René Rémond, et quand en aura remis son cerveau à l’endroit, ça ira mieux…

  • ratatouille dit :

    blog de merde, juste bon à imprimer pour se torcher

  • Netdruide dit :

    Obliger d’utiliser un affichage payant pour être en haut des pages google.
    Vous allez même peut-être gagner de l’argent sur le dos des résistants.
    C’est une sorte de collaboration.
    Et je ne veux même pas dialoguer avec vous.
    Ouais, peut-être que les anonymus, why not?

    • Geo dit :

      « Obliger d’utiliser un affichage payant pour être en haut des pages google. »

      ah ah ah, c’est le premier article que je lis sur ce blog. Ca a l’air bien marrant. Je vais y revenir. Pour le moment c’est du pro-Sarkozysme dans une forme assez naïve.

  • Anonymous dit :

    Magnifiques commentaires.

    Vous venez sur un blog de droite pour vous plaindre que l’auteur est de droite? Joli.

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